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Lorsque les troupes françaises débarquèrent à Alger en 1830, le territoire qui
s'étendait devant eux leur était à peu près inconnu. Quelques récits de voyageurs,
les traités des géographes antiques : le bagage était mince. La conquête allait
commencer, mais aucun Français ne savait ce qu'était l'Algérie. Quelles étaient
ses limites, à l'est et à l'ouest, en direction de la Tunisie et du Maroc ? Fallait-il
se contenter d'occuper une bande de terre côtière ou pénétrer en direction du
mystérieux Sahara ? Comment établir des frontières dans les confins traversés par
des populations nomades ? Et, dans l'immédiat, sur quelles cartes s'appuyer pour
assurer le contrôle du territoire, identifier les populations locales et nommer les
régions occupées ?
Mirages de la carte renouvelle en profondeur l'histoire de la conquête de l'Algérie,
en suivant au plus près les travaux des géographes et des cartographes chargés
d'arpenter ce territoire et d'en tracer les contours dans le sillage de l'armée. Hélène
Blais montre que la géographie coloniale sert à prendre possession d'un territoire,
aussi bien militairement que symboliquement, mais qu'elle ne se réduit pas à
imposer une domination. En nous conviant à l'invention de l'Algérie coloniale,
à la croisée des pratiques savantes et des ambitions impériales, ce livre original et
novateur démontre brillamment comment l'histoire des savoirs peut renouveler
celle des empires coloniaux.
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