Loin d'être l'autodidacte
solitaire que veut la légende,
Le Corbusier doit sa formation
à l'enseignement de quelques
maîtres avec lesquels ses relations
ont été assez intenses
pour se prolonger sous forme
épistolaire. Après le peintre
Ch. L'Eplattenier et l'architecte
A. Perret, l'écrivain suisse
William Ritter (1867-1955) aura
été le troisième de ces maîtres,
initiant le jeune homme au
métier d'écrire, aux subtilités de
la langue française et aux humanités
classiques. Il avait ouvert
l'horizon culturel du jeune
Jurassien aux pays d'Europe
centrale et l'avait guidé pour
son célèbre Voyage d'Orient.
Ritter était ensuite devenu un
confident pour le jeune homme
pendant les années de guerre.
Éloignés par le départ de l'architecte
à Paris, en 1917, les deux
amis sont restés liés toute leur
vie. Les 450 lettres échangées
entre eux constituent un document
capital pour comprendre
la formation et la pensée de
l'architecte, le plus important
peut-être du XXe siècle.