Un téléfilm français n'est pas une série américaine, non
seulement parce qu'il n'a souvent qu'un épisode et va rarement
au-delà de quatre mais parce que ses intentions et ses contenus
sont très différents. Pourquoi attribuer des vertus initiatiques à ce
genre télévisuel qui semble voué au pur divertissement ? Parce
qu'il joue certainement un rôle positif dans notre adaptation
nécessaire et pourtant difficile à l'évolution rapide, saisissante
de la société.
Dans le domaine des moeurs, il nous montre des femmes
qui travaillent, qui acceptent souvent des fonctions politiques
ou civiques et une nouvelle famille française, recomposée ou
pas, où les rapports parents/enfants n'ont à peu près rien de
commun avec ceux des générations précédentes.
Le téléfilm nous parle aussi du passé récent de cette société
qui change si vite sous nos yeux : il en évoque l'histoire de
manière vivante, à travers des personnages ou des épisodes
plus ou moins connus. C'est ainsi qu'il est presque le seul
lieu qui donne à voir l'histoire sociale, la fin des mines, des
industries et des ouvriers. Nous devrions être plus attentifs à ce
qu'il nous dit, sous les apparences de la facilité.