«De nouveau, le matin, assister avec étonnement au
spectacle du cendrier, des verres et de la carafe, balisant
sans bouger la plaine de la table.»
Savoir regarder, savoir s'étonner des moindres faits
quotidiens, ceux que l'on ne voit pas, que l'on ne voit
plus : telle est la démarche de Petr Král.
Au fil d'une centaine de textes brefs, il dresse une
«étrange et belle encyclopédie existentielle de la quotidienneté»
(Kundera). L'amour et le rasage, le crépuscule
ou la déception, le cure-dent et le café, faire peur ou jouir,
la femme inconnue et le roman... Il observe tout, objets,
moments, sentiments, lieux, avec un regard vierge,
humble, un étonnement qui rejoint la grâce. Chacun de
ses textes de promeneur urbain est un petit voyage, un
intense récit-poème, un éclairage sur ces détails devenus
invisibles et sur leurs rapports ignorés.
Un éveil du regard et un soutien nonchalant dans la
traversée des jours.