
Que nous soyons le fruit de l'amour, de l'habitude, d'un oubli, d'un viol..., nous n'avons pas choisi de vivre. Ni, par conséquence, d'être condamné à mort, car vivre aujourd'hui c'est mourir demain.
Donc, quid de ce questionnement à propos de la liberté et de la mort ? En quoi peut-on être libre quand on n'a pas le choix ? Et bé, justement ! De même qu'on n'a pas choisi de vivre mais qu'on peut choisir sa vie, on peut également choisir sa mort.
Ce livre en est la démonstration.
Paul Robin (1837-1912) a choisi de mourir en 1912, après avoir publié « Technique du suicide » en 1901. Il s'est suicidé. C'était son choix. D'autres, avant lui comme après, avaient fait et ont fait le même choix. On pourrait, donc, en rester là. Sauf que... !
Sauf que, avant de choisir le moment de sa mort, Robin s'est battu comme un lion pour que l'on puisse choisir sa vie. Et ça change tout. Membre de la Première Internationale, il fut également l'initiateur de cette formidable expérience d'éducation libertaire que fut Cempuis (1880-1893) dont s'est revendiquée l'école libertaire Bonaventure (1993-2001), et militant du néo-malthusianisme. Pour lui, tout était lié. Une « bonne naissance » (ne pouvant avoir lieu que dans le cadre du droit des femmes à disposer de leur corps, donc, dans le cadre d'une liberté de la contraception et de l'avortement), une « bonne éducation » intégrale, physique, intellectuelle, manuelle, mixte..., et les moyens de tout cela, à savoir une révolution sociale de liberté et d'égalité. Pour lui, choisir sa mort allait de pair avec pouvoir choisir sa vie.
Ce livre, on l'aura aisément compris, n'a rien à voir avec le chipotage actuel sur le droit à mourir dans la dignité dans le cadre d'une société capitaliste qui réduit la vie à la survie. C'est un hymne à la liberté et à... la vie. Une vie libre !
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