
«Pourquoi ne pouvons-nous pas voler comme les oiseaux ?
Les êtres humains sont parfaits, ils ont cinq sens, ils peuvent
parler toutes sortes de langues, ils ont des membres adaptés
à la marche et à la course, façonnés pour se saisir de n'importe
quoi et utiliser n'importe quel instrument. Ils peuvent
tourner la tête et regarder dans toutes les directions, ils sont
capables de faire des milliers de choses très différentes
mais... Mais ils ne peuvent pas voler ! Ce serait pourtant la
chose la plus joyeuse du monde. Souvent la nuit, il vole. Sans
ailes, sans rien. Ça se passe très bien, couvertures et draps se
soulèvent, il flotte un peu au-dessus de son lit, la fenêtre
s'ouvre toute seule, il glisse comme une plume dans la cour,
il monte à la hauteur des toits, il est emporté lentement,
il franchit les toits du théâtre, il voit sa rue, son quartier,
il glisse vers la Seine, ses ponts, il n'a pas besoin de se diriger,
un vent léger souffle qui l'entraîne tranquille, il monte,
il redescend quand une cour ou un jardin lui plaisent, il se
sent toujours porté, il remonte, rase les façades noires, file
devant les fenêtres allumées, la sortie des théâtres et des
cinémas, les gens lèvent la tête, rient, lui font des signes de la
main, il continue, survole le métro aérien, les péniches, les
bateaux-mouches, les Halles avec tous les marchands qui
préparent leurs étalages pour le matin, il revient vers la tour
Eiffel, tourne autour, Paris lui appartient, puis son quartier,
sa cour, sa fenêtre ouverte, il retrouve toujours son lit.»
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