
La première édition de ce livre date de 1987. Dans une
première partie, l'auteur mettait en évidence l'échec de la
théorie du prolétariat à saisir les transformations du rapport
social et la crise de représentation de ce prolétariat par ses
médiations traditionnelles (syndicats, partis, références aux
pays du bloc socialiste). Ceci était analysé à l'aune de la
défaite du dernier assaut révolutionnaire de notre temps (1968-1978).
Dans une seconde partie, il cherchait à mettre en
rapport ce contexte et le phénomène de la lutte armée tel qu'il
s'est développé, en RFA et en Italie surtout, mais aussi en
France, comme réponse à ce vide politique.
On pourrait penser ces questions dépassées, aujourd'hui
que l'idée même de révolution semble avoir été enterrée. Nous
pensons qu'il n'en est rien et cela pour au moins deux raisons :
la première est que si ces mouvements de lutte armée ont été
défaits, ils ont posé à leur manière et dans leurs limites la
question du rapport entre mouvement de lutte, légalité et
violence sociale ; la seconde est que l'État lui-même relance
sans arrêt la question de ce niveau de violence légitime, mais à
son profit cette fois, en criminalisant la moindre lutte (anti-G8
à Gênes, arrachage d'OGM, «affaire Tarnac», «usagers pris
en otage» par les grévistes des transports publics) et en
répandant partout la peur des nouvelles classes dangereuses.
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